Selon une nouvelle étude, les Canadiens prennent leur retraite avec des économies tout à fait inadéquates et le taux de pauvreté augmente chez les aînés

 

 

OTTAWA — Une nouvelle étude a découvert que la valeur des avoirs de retraite des Canadiens de 55 à 64 ans n'ayant pas de régime de retraite au travail – ils représentent environ la moitié de la cohorte de cet âge au Canada – est tout à fait inadéquate. La valeur médiane est en effet de seulement 250 $ pour ceux gagnant de 25 000 $ à 50 000 $, et de 21 000 $ pour ceux ayant des revenus de 50 000 $ à 100 000 $.

Une analyse de la situation économique des aînés au Canada, signée par le statisticien Richard Shillington de Tristat Resources et publiée par l'Institut Broadbent, démontre non seulement que les niveaux de la Sécurité de la vieillesse (SV) et du Supplément de revenu garanti (SRG) tirent de l'arrière, mais encore que les tendances en matière de sources de revenus pour les aînés laissent supposer que les taux de pauvreté élevés vont continuer d'augmenter chez les aînés. Les taux de pauvreté chez aînés vivant seuls est déjà élevé, en particulier chez les femmes, avec un taux de près de 30 %.

Déjà, le fossé entre les niveaux garantis par la SV et le SRG et la mesure de faible revenu pour 2015 – c'est-à-dire le fossé que les aînés doivent combler en utilisant les régimes de retraite du Canada ou du Québec (RPC ou RRQ), les régimes privés et les économies personnelles – est d'environ 5 600 $ pour les aînés vivant seuls et de 4 700 $ pour les couples. De plus, la valeur médiane générale des avoirs destinés à la retraite des personnes âgées de 55 à 64 ans ne touchant pas de bénéfices d'un régime de retraite de l'employeur (soit 47 % de cette cohorte d'âge) est à peine de plus de 3 000 $.

« Ces nouvelles données sur les économies de retraite et sur le fossé causé par le manque de soutien nous disent le plus clairement du monde que nous avons sur les bras une crise des revenus à la retraite, une crise qui exige dès maintenant une action gouvernementale urgente, » dit Rick Smith, directeur exécutif de l'Institut Broadbent.

Au nombre des autres conclusions de cette étude, notons :    

  • Parmi les gens âgés de 55 à 64 ans ne touchant pas de bénéfices d'un régime de retraite à l'emploi, environ la moitié ont des économies qui représentent moins d'un an des ressources dont elles ont besoin pour compléter les revenus procurés par la SV / SRG d'une part, et les RPC / RPQ d'autre part.
  • De ce groupe, 32 % a moins de 1 000 $ en économies de retraite. Environ 23 % a plus de 1 000 $, mais valant moins d'un an. Quinze pour cent a assez d'économies pour tenir d'un an à deux ans et demi, 13 % assez pour tenir de deux ans et demi à cinq ans; seulement 18 % d'entre eux ont des économies valant plus de cinq ans.
  • Une faible minorité seulement (environ de 15 à 20 %) des Canadiens qui touchent des revenus moyens et prennent leur retraite sans régime de retraite de l'employeur ont économisé à peu près assez. La grande majorité des familles ayant des revenus annuels de 50 000 $ et plus trouveront extrêmement difficile d'économiser suffisamment pendant le temps qui leur reste jusqu'à la retraite (moins de 10 ans) pour éviter une baisse importante des revenus.
  • Le revenu médian des personnes de 65 ans et plus vivant seules et ne touchant pas de bénéfices d'un régime de retraite de l'employeur est de moins de 20 000 $ par année.
  • Agrégé, le fossé à combler pour tirer les aînés de la pauvreté représente 2,5 G$ par année, à cause des 719 000 aînés pauvres, dont 469 000 vivent seuls et 250 000 vivent dans une famille économique. Une simulation effectuée au moyen de la Base de données et Modèle de simulation de politiques sociales (BD/MSPS) de Statistique Canada a découvert qu'il en coûterait 700 M$ au gouvernement pour tenir sa promesse électorale d'augmenter de 10 % le SRG des aînés vivant seuls, et que cela tirerait de la pauvreté environ 85 000 aînés — mais laisserait les 634 000 autres dans la pauvreté.

« Ces résultats soulèvent de sérieuses questions quant aux besoins en politiques pour les futures cohortes n'ayant pas de régime de retraite, par exemple la suffisance des bénéfices de la Sécurité de la vieillesse, du Supplément de revenu garanti et des régimes de pension du Québec et du Canada, » dit le rapport.

« La panoplie des politiques publiques offrant des options d'économie 'volontaires' – telles les RÉER, les CÉLI, les régimes de retraite de groupe et les tout récents régimes de pension agréés collectifs (RPAC) –  a démontré son incapacité à combler le fossé entre des régimes de retraite au travail, d'ailleurs de moins en moins nombreux, et un Régime de pension du Canada offrant des bénéfices limités, » conclut l'étude.

Et Smith d'ajouter : « Notre nouvelle étude démontre que ce n'est pas le moment, ni pour Ottawa, ni pour les provinces, de tergiverser sur l'expansion du RPC. En fait, nous avons besoin d'un leadership fédéral pour la réaliser. Augmenter le SRG de 10 % pour les aînés vivant seuls est un début, mais ce n'est certainement pas suffisant. »

Un resumé du rapport est disponible en ligne à http://www.institutbroadbent.ca/la_condition_economique_des_personnes_agees. Le rapport complet est disponible en anglais en ligne à http://www.broadbentinstitute.ca/an_analysis_of_the_economic_circumstances_of_canadian_seniors.

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